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Affichage des articles du février, 2014

Game of thrones...

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Comme mon jeu du dico a fait un bide (peut-être que c'est spécifique aux profs de français en fait d'aimer les dictionnaires ?), et que je n'ai pas envie de vous parler du Couronnement de Louis qui est mon sujet d'étude du jour, j'ai trouvé une autre façon de vous faire marrer en attendant le week-end. Explication : quand j'en ai marre de bosser, je regarde les 3 premières saisons de Game of thrones en attendant la 4ème. Du coup, les petites blagues qui suivent me font bien rigoler. Et, à l'image de Nadia Coste, je suis fan de séries, alors pour The Nadia Coste's day, un article spécial !
Non-fans s'abstenir...







Enchifrenée

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Je lis toujours Nabokov (oui, je devais finir hier mais des naines m'ont empêché de me concentrer). Et je le fais un dico à la main. Et oui, prof de français depuis 10 ans, auteur depuis 5, je vous décomplexe tout de suite, ô lecteur qui vous interrogez sur le savoir mystérieux des gens de lettres, je ne sais pas encore le dico par coeur et je sèche devant tout un tas de mots merveilleux qu'emploie le grand monsieur (ou son traducteur, en l'occurrence Yvonne Davet, que je salue pour son talent).

Ainsi, j'ai découvert qu'un trou xanthique dans une congère n'était pas très classe puisque c'est le résultat de la promenade du chien ; que les morillons sont aussi des fuligules (indice, on les prépare à l'orange) ; que Mme de Sévigné est hypnagogique, c'est à dire qu'elle provoque l'abaissement palpébral ; qu'enfin je suis enchifrenée grâce au petit tas de microbes ambulant qui m'a empêchée de dormir cette nuit et qui va, je le sens, m'…

L'évaporation de certaines matières volatiles

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En plein dans mes lectures, et comme mercredi est le jour des petits (ah douleur, je n'ai pas pu lire plus de 3 pages depuis ce matin), je trouve des petites merveilles échappées de l'enfance de Nabokov et je me dis que ces tout-petits morceaux vous évoqueront sans doute des souvenirs aussi.

Un goût : "nous partîmes sur-le-champ, non sans que je me fusse emparé à la hâte d'une boule entière de sorbet au citron, que j'emportai, recelée dans ma bouche qui me cuisait." p 33

Un puzzle : "ce qui avait paru être la jambe d'un cheval se trouvait appartenir à un orme et le morceau qu'on n'était pas arrivé jusque-là à caser venait remplir, en s'ajustant parfaitement, un vide dans le fond pommelé, vous procurant l'ivresse raffinée d'une satisfaction abstraite et cependant tactile." p 53

Sa mère vieillissante ; "Tout comme les acteurs d'une troupe ambulante transportent partout avec eux, tant qu'ils se rappellent leur texte,…

Corps à corps rapide

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Ce matin,
je m'entraîne à la lecture à voix haute. Vous voulez essayer ? Pour le plaisir de le mettre en bouche, un poème à lire de Francis Ponge :

Mode d'emploi :

1/ lire le texte doucement, pour soi

2/ essayer une première lecture à voix haute et claire pour se mettre les mots en bouche

3/ réfléchir au sens des mots et les lire en leur donnant à chacun l'importance qui est la leur. Non pas à la phrase mais au mot lui-même. S'intéresser à chaque unité de sens et lire : l'ensemble trouvera son harmonie dans le travail à voix haute.

4/ ne jamais s'arrêter, même quand on bute.

Allons-y, voici le texte :


"La Porte

    Les rois ne touchent pas aux portes. Ils ne connaissent pas ce bonheur : pousser devant soi avec douceur ou rudesse l'un de ces grands panneaux familiers, se retourner vers lui pour le remettre en place, tenir dans ses bras une porte.

    Le bonheur d'empoigner au ventre par son nœud de porcelaine l'un de ces hauts obstacles d'un…

Le je subversif

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Alors que j'étudie les récits d'enfance de Benjamin, Nabokov et Sarraute, je m'interroge sur le genre autobiographique bien sûr, mais aussi sur la fiction en "je".

Je l'ai utilisée dans les 3 tomes de Moana et dans certains chapitres des Fortune cookies, avec des intentions différentes. Dans Moana, comme il s'agit d'un roman initiatique, je voulais qu'on découvre le monde par les yeux de la petite, au présent, comme si tout cela se déroulait sous nos yeux d'enfants émerveillés ou effarés. C'est un vecteur d'émotions fortes ! J'ai utilisé ce procédé de nouveau dans le tome 3, avec un changement de "je" qui me permet de faire monter la tension puisque les deux narrations sont simultanées dans le temps du roman mais successives dans le temps de lecture : les noms des chapitres sont les mêmes, pour ceux qui ont le roman entre les mains, jusqu'à ce qu'on arrive au moment où ils se rejoignent.

Dans le tome 2, j'avai…

Ecrire avec Paul 3 - parallèle surréaliste

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Cette question me touche bien sûr, à deux mois de la sortie de 14-14. Et je lis Les Mains libres d'Eluard et Man Ray, un recueil de dessins illustrés par Eluard, dans un retournement intéressant de la démarche commune qui est d'illustrer un texte. C'est ici l'inverse.

Et c'est drôle de parler de la façon dont Man Ray a travaillé avec un Paul, lui aussi.

Je lis le dossier qui complète cette édition, rédigé par l'excellent Henri Scepi, dont j'ai eu la chance de suivre les cours à Paris VII. En voici ma substantifique moëlle (je vous invite à vous procurer cet ouvrage beau et pas cher - Folio plus classiques à 6,8 euros - cependant pour en tirer votre propre grain).

La collaboration d'Eluard avec les artistes est, selon Henri Scepi "indubitablement le signe, et peut-être même la signature, d'un geste créateur qui s'enrichit de la confrontation des formes d'écriture et des points de vue, puisant dans le dialogue stimulant des arts et des ima…

Ca brûle.

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Partout, ça brûle :

le moralisme ambiant n'est qu'une vaguelette sur le bord de la mare mondiale. Au centre, il y a des venezueliens, des ukrainiens, des syriens, des centrafricains qui se prennent les cailloux sur la tête.

Dans les Fortune cookies, je cite cette chanson de Noir Désir, Le Grand incendie. Elle me panique, elle m'électrise, elle me terrifie, c'est exactement ce que je ressens en lisant les infos ce matin.



C'est pas pour moraliser, pour atténuer ce qui se passe chez nous : on sait bien que c'est extrêmement important de se battre contre la censure. Mais même chez nous les gens crèvent de faim. Il me semble qu'il faut aussi utiliser nos moyens d'information pour surplomber tout ça, voir l'ensemble du tableau.



C'est le raz-de-marée
Les rats peuvent plus se marrer
S'enfuir s'cacher
Dans une planque s'enterrer
La marge est infime
Au bord de l'abîme
Implosion, explosion, mort aux cons riment
Crapules, salauds
Bourgeois, blaireaux

La vita è bella

De retour de Berlin, toujours. Touchée par ce que j'y ai vu, surtout le Mémorial des Juifs assassinés et son musée. Le passage qui me touche le plus dans La vie est belle, avec cette incroyable Barcarolle d'Offenbach.


Perversité et chocolat

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Merci pour le chocolat : encore un Chabrol incroyable ! Après Que la bête meure, visionné la semaine dernière, je me suis offert ce moment de malaise avec un portrait angoissant d'une belle perverse narcissique, une araignée au centre de sa toile.
Je vous le conseille pour la peinture des personnages, le jeu des acteurs, la musique, les décors.

"L’argument : André Polonski, pianiste virtuose, et Mika Muller, PDG des chocolats Muller, se sont mariés à Lausanne. Auparavant, André a épousé Lisbeth dont il a eu un fils, Guillaume. Le jour de ses six ans, alors qu’ils étaient de passage en Suisse chez Mika, Lisbeth s’est tuée dans un accident de voiture. La jeune Jeanne Pollet, qui prépare le concours de piano de Budapest, apprend qu’elle aurait été échangée le jour de sa naissance avec Guillaume. L’infirmière aurait interverti les bracelets des deux bébés. A la recherche de ses origines et d’un mentor, l’ambitieuse débutante tente de s’approcher du maître. Cette intrusion va ébran…

Découvrir Walter Benjamin

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Ce matin, je vous propose de découvrir un peu plus avant Walter Benjamin. Qui était cet homme ?

C'est lui qui a écrit par exemple : « Le cours de la narration est en chute libre. La première guerre mondiale l’a rendue caduque, voire impossible. Les soldats revenus muets du front en sont l’allégorie la plus puissante. »

Il a réalisé un très beau livre sur les Passages parisiens, il a étudié les grands auteurs du début du XXème et en a fait une lecture passionnante.
Voici quelques éléments de biographie (source France Culture) :

"Né à berlin en 1892 dans une famille juive assimilée, Walter Benjamin s’est suicidé à la frontière entre la France et l’Espagne le 26 septembre 1940 devant la menace d’être livré aux nazis et envoyé à la mort, alors qu’il avait obtenu un visa pour les Etats-Unis. Il est enterré à Port-Bou sans que l’on sache exactement où est sa tombe. Il vivait exilé en France depuis 1933, date à laquelle il avait quitté Berlin."

"Si intolérable que soit l&#…

C'est fini les bougies, chéri !

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Et oui, tout a un fin, même les week-ends de St Valentin !


Influences #x

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La littérature de l'imaginaire a une grande part dans mes influences, on s'en serait douté avec mes utopies, mes contes fantastiques et bientôt mes fées du merveilleux. Mais les romans historiques sont aussi essentiels dans ma formation et, à Berlin, je ne peux que penser à Ilse Koehn et à son roman Mon Enfance en Allemagne nazie. Nous avons visité le mémorial hier alors j'ai dans la tête beaucoup d'images sombres.

Quand on rencontre l'histoire de la seconde guerre mondiale, enfant, c'est souvent par un livre : le Journal d'Anne Frank a marqué tant de jeunes gens ! Vous en êtes peut-être ? Pour moi, la découverte de ce cauchemar de la nuit et du brouillard s'est faite avec Ilse Koehn pour ce qui est de la vie quotidienne dans l'Allemagne en guerre et Aranka Siegal pour l'effroyable parcours de cette jeune juive (on en reparlera. Faut que je fasse une liste de ce dont on doit reparler et que je ne fais jamais)

Voici la présentation du livre d'…

Happy Saint Valentin

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C'est kitch et c'est fun, bonne saint Valentin mes amours !


« Adieu Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu'on te fera de ces récits hideux qui t'ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de ces deux êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelques fois : mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu et non pas un être factice créé par mon orgu…

Influences #X : PJ Harvey

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Musique ce matin.

Je suis complètement fan de ce morceau et le clip est tout juste parfaitement drôle et grinçant. J'adore la danse des vieux, la route qui défile. J'adore PJ Harvey et ce huitième album tout particulièrement.

Je pars à Berlin

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Sur les traces de Walter Benjamin, dans Enfance Berlinoise

« Ich musste mir Bahn bis in den hinteren Winkel machen ; dann stiess ich auf meine Strümpfe, welche da gehäuft und in althergebrachter Art, gerollt und eingeschlagen, ruhten, so dass jedes Paar das Aussehen einer kleinen Tasche hatte. Nichts ging mir über das Vergnügen, meine Hand so tief wie möglich in ih Inneres zu versenken. […]Es war die “Mitgebrachte”[…]Wenn ich es mit der Faust umspannt und mich nach Kräften in dem Besitz der weichen, wollnen Masse bestätigt hatte, fing der zweite Teil des Spiels an, der die atemraubende Enthüllung brachte. […] dass Form und inhalt, Hülle und Verhülltes, “das Mitgebrachte” und die Tasche eines war. Eines-und zwar ein Drittes : jener Strumpf, in den sie beide sich verwandelt hatten.”

[ Il fallait que je me frayasse un chemin jusqu’au coin le plus reculé, au fond : je tombais alors sur mes chaussettes qui se trouvaient là, empilées et rangées à la manière traditionnelle, c'est-à-dire …