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Affichage des articles du 2013

De Boileau à Truby

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Ce matin, je me lève tard. Je me fends donc juste d'un morceau de Boileau à mâchonner jusqu'à demain ; c'est un extrait de L'art poétique à propos du théâtre. Il me semble intéressant de comparer ces préceptes dramaturgiques aux mêmes conseils scénaristiques diffusés par Truby et les autres théoriciens de la structure narrative.

"Le secret est d’abord de plaire et de toucher :
Inventez des ressorts qui puissent m’attacher.

Que dès les premiers vers, l’action préparée
Sans peine du sujet aplanisse l’entrée.
Je me ris d’un acteur qui, lent à s’exprimer,
De ce qu’il veut, d’abord, ne sait pas m’informer,
Et qui, débrouillant mal une pénible intrigue,
D’un divertissement me fait une fatigue.
J’aimerais mieux encor qu’il déclinât son nom,
Et dît : « Je suis Oreste, ou bien Agamemnon »,
Que d’aller, par un tas de confuses merveilles,
Sans rien dire à l’esprit, étourdir les oreilles.
Le sujet n’est jamais assez tôt expliqué.

[...]

Jamais au spectateur n’offrez rien d’incroyable :
Le v…

Les mains libres

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Pour les parutions du premier trimestre 2014, me voici avec un nouveau pseudonyme. (il n'est pas dit que je ne change pas, ensuite)
Pourquoi un pseudonyme ? Pour avoir les mains libres...
Explication dans cet extrait de L'oeil vivant, de Starobinski, à propos de Stendhal :

"Le nom est situé, symboliquement, au confluent de l'existence "pour soi" et de l'existence "pour autrui" : il est vérité intime et chose publique. En acceptant mon nom, j'accepte qu'il y ait un dénominateur commun entre mon être profond et mon être social. Or c'est à ce niveau que le pseudonyme entend opérer une disjonction radicale. Il va séparer deux mondes au point même où, par le truchement du langage, leur réunion était rendue possible. Par ce geste, l'égotiste se révolte contre son appartenance à la société. Il refuse d'être livré aux autres en même temps qu'il est donné à lui-même.
Pour lui, la liberté d'agir n'est concevable que dans l&…

Ecrire : l'art du défi et du lâcher-prise

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Ce matin, on recommence doucement après l'orgie culinaire des 24, 25 et 26 qui m'a laissé peu de temps pour l'étude. (j'ai lu des trucs sympas sur les moralistes, les précieuses et le roman picaresque mais j'ai déjà parlé des premiers et le troisième est encore en cours de digestion)

Donc, munie d'un café, je lis un texte de Wolfang Iser sur l'acte de lecture et il comporte un petit morceau de ce monument de la littérature anglaise : Tristram Shandy. Ce roman, paru en 1759, est un monument, je vous laisse chercher sur wikipédia ou ailleurs. Là, par exemple pour avoir une idée aussi de ses recherches typographiques :  http://www.folio-lesite.fr/Folio/event/Fabrique_Sterne.pdf
Il dit : 
 "Aucun homme de bonne compagnie ne s’avisera de tout dire ; ainsi aucun auteur, averti des limites que la décence et le bon goût lui imposent, ne s’avisera de tout penser. La plus sincère et la plus respectueuse reconnaissance de l’intelligence d’autrui commande ici de c…

Joyeux Noël

Allez cette semaine, on cède à la guimauve ! Joyeux Noël !!


Le miroir d'un moment

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Ce matin, je lis la poésie d'Eluard. Dans une suite logique, après le narcissisme d'hier, le miroir ! En fait, il s'agit de reprendre l'idée de jeudi et vendredi. Nous avons lu Proust et Tournier qui expliquaient comment la littérature transforme le rapport de l'homme au réel. En voici une application pratique.

Le miroir d'un moment
Il dissipe le jour, Il montre aux hommes les images déliées de l'apparence, Il enlève aux hommes la possibilité de se distraire. Il est dur comme la pierre, la pierre informe, La pierre du mouvement et de la vue, Et son éclat est tel que toutes les armures, tous les masques en sont faussés. Ce que la main a pris dédaigne même de prendre la forme de la main, Ce qui a été compris n'existe plus, L'oiseau s'est confondu avec le vent, Le ciel avec sa vérité, L'homme avec sa réalité.

Eluard, "Nouveaux Poèmes", in Capitale de la douleur
J'ai trouvé, dans une conférence de Jean-Louis Benoit, un aperçu des réflexions sur l…

Narcissisme

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Outre l'annonce de la prochaine parution des Fortune cookies chez Bragelonne, quelques petites infos sur les endroits du web où apparait ma trombine, dans l'ordre chronologique de ce mois de décembre :

Un blog passionnant, qui est devenu un de mes points de passage incontournables depuis quelques semaines : le blog de Cindy van Wilder (l'auteur talentueuse des Outrepasseurs, à paraître en février chez Gulf Stream), avec des rendez-vous comme Le mardi sur son 31 ou La revue du Web, que j'adore ! Bref, elle m'a fait l'honneur d'un entretien centré sur mon activité Callioprofs, ce qui m'a beaucoup plu car je parle beaucoup moins de cette part de ma passion livresque que de l'écriture. C'était donc là une belle occasion puisque Cindy est ma collaboratrice pour Callioprofs ! http://cindyvanwilder.wordpress.com/2013/12/07/linterview-du-samedi/

Un lieu merveilleux ensuite, qui regroupe une communauté de lecteurs passionnés et désireux de partager leurs …

la mythologie qui est dans l'air

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Ce matin, je poursuis la réflexion entamée hier sur Proust, avec un passage de Michel Tournier.

Dans ce premier extrait, il rejoint Proust quant à l'essentiel rapport que l'homme doit avoir avec l'art pour "être" réellement humain :

"L'homme ne s'arrache à l'animalité que grâce à la mythologie. L'homme ne devient homme, n'acquiert  un sexe, un cœur et une imagination d'homme que grâce au bruissement d'histoires, au kaléidoscope d'images qui entourent le petit enfant dès le berceau et l'accompagnent jusqu'au tombeau. La Rochefoucauld se demandait combien d'hommes auraient songé à tomber amoureux s'ils n'avaient jamais entendu parler d'amour. Il faut radicaliser cette boutade et répondre : pas un seul. Pas un seul car ne pas entendre parler d'amour, ce serait subir une castration non seulement génitale, mais sentimentale, cérébrale, totale. Denis de Rougemont illustre également cette idée quand il affi…

Au lieu de voir un seul monde

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Dans le métro lundi, en allant souhaiter la bienvenüe à Lise Syven, Paul Beorn et moi discutions... littérature, bien sûr. Quand nous nous sommes rencontrés, il écrivait depuis trente ans et moi depuis un an... Paul est devenu écrivain avant de savoir écrire, c'est peut-être incroyable mais si vous lisez jusqu'au bout, vous comprendrez.  Je lui ai demandé ce que c'était d'être auteur. Il m'a répondu que c'était vivre en saisissant chaque fragment intéressant de la réalité pour en faire le matériau de l'écriture. Je ne comprenais pas vraiment car, si je savais saisir les petits morceaux de réel incroyables, je n'imaginais pas comment les transformer en matière scripturale. Je connaissais le secret des photos insolites, le mystère des expressions à transcrire dans un croquis et l'évanescence du geste parfait à saisir pour le jouer sur scène. L'écriture n'était pas encore mon art de prédilection.  Maintenant, j'ai compris, j'attrape ces…

La carte du tendre

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Revenant de Paris, je suis encore toute pétrie de bonheur et de tendresse pour mes amis. Alors la
réflexion du jour porte sur ce lien.
Un peu d'histoire (attention, je fais la prof, ce qui n'est pas mon ordinaire... quelqu'un a dit le contraire dans le fond de la classe ? Deux heures de colle !) Bref, il me faut éclaircir quelques termes pour nourrir la réflexion du jour.
Au XVIIème, Mlle de Scudéry définissait la tendresse : à l'inverse des passions, la tendresse est jugée raffinée et galante, c'est l'interaction sociale la plus noble. Elle a pour but aussi de tempérer les passions, elle est opposée à l'amour, qui est entaché de violence et de jalousie.
Elle s'inscrit dans une esthétique galante dite "précieuse" dont le roman de Scudéry, Clélie, est l'expression première. Les précieuses ont été moquées par Molière qui les peint « coquettes et prudes à la fois, minaudières, façonnières et usant d'un "jargon" incompréhensible…

Ce n'est pas triste les vieilles écorces.

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Hier, un ami nous a quittés. Je souhaitais lui rendre hommage ici et mettre ce blog en veille pendant quelques jours.


Cette nuit-là, je ne le vis pas se mettre en route. Il s'était évadé sans bruit. Quand je réussis à le rejoindre, il marchait, décidé, d'un pas rapide. Il me dit seulement : - Ah ! Tu es là ... Et il me prit par la main. Mais il se tourmenta encore : - Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J'aurai l'air d'être mort, mais ce ne sera pas vrai ... Moi, je me taisais. - Tu comprends. C'est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là. C'est trop lourd. Moi, je me taisais. - Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée. Ce n'est pas triste les vieilles écorces.
Antoine de Saint-Exupéry - Le Petit Prince

Tu vas me manquer. Tu étais un grand bonhomme, tu étais si intelligent et si bon. Avec ton fort caractère et ta culture sans limite. Avec ton sourire. Entier.
Tu as été là depuis ce salon du Mans, mon premier salon, quand tu m'as dit : "Ec…

Drôle et amer comme un schweppes cognac

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Ce matin, j'ai encore dans la tête les images des frères Coen. Hier soir, je projetais Inside Llewyn Davis et j'ai adoré.

Inside Llewyn Davis raconte une semaine de la vie d'un looser, et c'est drôle et amer comme un schweppes cognac.

Boucle temporelle où l'absurde et le dérisoire se mêlent pour transformer la vie de Llewyn en une suite de déconvenues et de traquenards où la loi de Murphy semble toute-puissante. Où est-ce la désinvolture de Llewyn qui cause cela ? C'est un film superbe, dont la chute est si pathétique pour ce pauvre chanteur sans succès ! Tout le monde n'est pas Bob Dylan...

J'aime cette façon des frères Coen d'utiliser tant les belles séquences du chat Ulysse comme métaphore de Llewyn que les dialogues dans la voiture comme avertissements du destin. Entre destinée et libre-arbitre, voilà où se situe cet anti-héros. Est-il le "triple connard qui transforme tout en merde" comme le dit Jean ou tout simplement un pauvre gars q…

22 janvier 2014

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Mon prochain roman, un texte pour adultes à paraître chez Bragelonne, collection Snark
22 janvier 2014



Bretagne, demain :
Une coupure d'électricité plonge la petite vie de Blanche et Hadrien dans le noir, ainsi que toute l'Europe. Un mystérieux appel résonne sur les ondes : le gouvernement cache qu'il se passe quelque chose au Sud... la guerre ? Leur fille est loin, en vacances au-delà des Pyrénées. Hadrien décide de partir immédiatement à sa recherche, mais Blanche a peur.

Paris, après-demain :
État d'urgence, peuple bâillonné. Blanche est devenue Bianca, résistante. Les opposants à la dictature médiatique utilisent les réseaux de consommation pour faire passer leurs messages, sur les barquettes de poulet, les barils de lessive ou dans les fortune cookies, mais, bientôt, il faudra aller plus loin. Bianca trouve de la force entre les bras de Joshua, et jamais elle ne parle ni d'Hadrien, ni d'Elisabeth.

Quelque chose a basculé sur la route.

(Je suis au comble d…

L'on devient magnifique, sans l'avoir jamais été.

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Ce matin, lisant Pascal et ce Discours sur les passions de l'amour, je me note pour moi une idée
d'écriture qui serait de suivre pas à pas les recommandations de ces moralistes du XVIIème pour peindre les caractères amoureux de mes personnages. J'avais déjà comme modèles le manuel d'Ovide sur L'art d'aimer et les Caractères de La Bruyère (demain, je vous fais partager le passage merveilleux sur l'amour-propre), j'adopte Pascal.

Comment transcrire dans une histoire moderne une peinture si fidèle du sentiment amoureux ?

Voici quelques extraits du chapitre VI, le texte est court, vous le trouverez ici à la lecture :
http://www.intratext.com/ixt/FRA0341/
et là à l'écoute :
http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/pascal-blaise-discours-sur-les-passions-de-lamour.html


Les auteurs ne nous peuvent pas bien dire les mouvements de l'amour de leur héros : il faudroit qu'ils fussent héros eux-mêmes.

[...]

En amour un silence vaut mieux qu…

Allez faire un tour chez Cindy et chez Syven !

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Ce matin, je suis toujours plongée dans des lectures de ce type 

"C'était le dessein d'avancer dans cette étude de sagesse qui la tenait si attaché à la lecture de l'histoire, qu'on appelle avec raison la sage conseillère des princes. C'est là que les plus grands rois n'ont plus de rang que par leurs vertus et que, dégradés à jamais par les mains de la mort, ils viennent subir sans cour et sans suite le jugement de tous les peuples et de tous les siècles. C'est là qu'on découvre que le lustre qui vient de la flatterie est superficiel, et que les fausses couleurs, quelque industrieusement qu'on les applique, ne tiennent pas. Là notre admirable princesse étudiait les devoirs de ceux dont la vie compose l'histoire: elle y perdait insensiblement le goût des romans et de leurs fades héros; et, soigneuse de se former sur le vrai, elle méprisait ces froides et dangereuses fictions."
Bossuet, Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre
Et j…

Pour exciter votre envie

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Ce matin, j'ai dans la tête les mots de Lise Syven, le rythme et l'humour du tome 2 de sa série à paraître chez Castelmore.
J'ai la chance de l'avoir lu en avant-première et j'espère que vous êtes fous de jalousie parce que c'est un roman génial et addictif. Encore plus que le tome 1.
C'est un univers incroyable et j'adore sa façon de mêler les éléments de sa vision du monde à une intrigue pleine d'énergie et de rebondissements : il en sort un livre intelligent mettant au premier plan le plaisir de lecture des ados tout en offrant, au second plan, un tableau discret et délicat de notre société avec ses inégalités.
"Elle va pas le faire ? - Si, elle va le faire... "
Oui, j'ose invoquer Rowling pour parler de la série de Lise Syven ! Elle ne peut éviter la comparaison, elle l'a bien compris et elle en fait un jeu : il ne s'agit pas de faire pareil ou mieux, mais de rendre un hommage discret et elle y réussit. Parce que, comme l…

Le jour se lève sur Girolata

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Ce matin, je ne vous fais pas partager mes lectures car je suis plongée dans les Oraisons funèbres de
Bossuet et qu'il faut au moins être agrégatif pour avoir l'idée de cette escalade dès potron-minet. Prenons plutôt le temps de parler du tome 3 : vous l'avez peut-être entre les mains, peut-être déjà lu, je l'espère.

J'ai hâte de vous rencontrer et je sais que cela sera long avant les prochaines signatures, que je ne prévois pas avant des mois. A part Theix (près de Vannes), en janvier, je ne sais pas si je vous reverrai avant mars ou avril. C'est pour cela que je voulais papoter avec vous, aujourd'hui, sur ce sujet !

Le voici donc achevé ce cycle sur lequel je veux apporter quelques précisions : j'ai donc commencé à écrire Moana en 2005, à Tahiti et je l'ai achevé en 2006, en métropole, après la naissance de ma fille. Lorsque j'ai fait lire le tome 1 à mes proches, ils m'ont demandé une suite. Je ne l'avais pas envisagée, pour moi, l&#…

Les auteurs trinquent

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Voici ma chronique du lundi, c'est pourri.
L'état baisse de 0,5% la TVA sur le livre ! Bonheur et joie pour la culture et les français ! Mais la question est... Qui paye cette baisse ? L'état paye dans sa grande générosité ? Non, ils se remboursent sur la hausse de la TVA du logement social, du train ou du bois de chauffage. Qui paye alors ? Les auteurs. Oui... les auteurs... La TVA est doublée pour les auteurs et donc, si vous payez 0,5% de moins, c'est grâce à vos autres achats mais aussi grâce à l'auteur, qui paiera lui 5% de plus sur ses droits d'auteur déjà maigrichons.
La preuve par la science (qui manque d'exactitude parce que je suis une buse en math)
1= TVA à 5,5% 
Vous payez mon livre 10 euros.  L'état prend 5,5% sur le livre et 5,5% à l'auteur, il touche 57,7 cts.  Je prends 6% et je redonne 5,5% à l'état, je touche 56,7 cts. 
(je compte pas les autres prélèvements pour vous simplifier la comprenette mais en fait, j'en redonne en…

Pour notre ami

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Pâle étoile du soir, messagère lointaine,
Dont le front sort brillant des voiles du couchant,
De ton palais d'azur, au sein du firmament,
Que regardes-tu dans la plaine?

La tempête s'éloigne et les vents sont calmés.
La forêt, qui frémit, pleure sur la bruyère;
Le phalène doré, dans sa course légère,
Traverse les prés embaumés.

Que cherches-tu sur la terre endormie?
Mais déjà, vers les monts, je te vois t'abaisser;
Tu fuis, en souriant, mélancolique amie,
Et ton tremblant regard est près de s'effacer.

Étoile qui descends vers la verte colline,
Triste larme d'argent du manteau de la Nuit,
Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine,
Tandis que pas à pas son long troupeau le suit,

Étoile, où t'en vas-tu, dans cette nuit immense?
Cherches-tu, sur la rive, un lit dans les roseaux?
Ou t'en vas-tu, si belle, à l'heure du silence,
Tomber comme une perle au sein profond des eaux?

Ah! si tu dois mourir, bel astre, et si ta tête
Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux,
Avant …

Une pensée qu’il faut saisir et rendre

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Ce matin, un extrait du texte de Balzac, Un chef d'oeuvre inconnu.
C'est aussi une réaction à cet article stupide sur la littérature jeunesse paru ce jour. Chaque année, des journalistes affligeants nous pondent ce genre de stupide pamphlet sur un sujet auquel ils ne connaissent rien, mais dont ils feignent de savoir tout.
Voici donc un morceau de ce véritable art poétique. Balzac est un auteur génial, devenu pour beaucoup le symbole d'une littérature ennuyeuse et pénible, que l'on nous a obligé à lire, trop petit au collège ou au lycée, tuant pour toujours la chance de le découvrir à l'âge adulte, quand on est prêt à le faire. Pourtant, dans cet extrait, n'y a-t-il pas de la vie ? J'y trouve pour ma part une belle leçon en tant qu'auteur. 
La mission de l’art n’est pas de copier la nature, mais de l’exprimer ! Tu n’es pas un vil copiste, mais un poète ! s’écria vivement le vieillard en interrompant Porbus par un geste despotique. Autrement un sculpteur…

L'élucidation des moyens du roman est encore loin.

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Ce matin, un court extrait de En lisant en écrivant, de Gracq, sur l'impossibilité d'analyser un roman et un joli tacle de Valéry et Breton, par ricochet, puisque le second ânonne bêtement ce que dit le premier sur le roman. 
Ce qui en réalité agace dans le roman les esprits fanatiques de précision comme celui de Valéry, ce n'est pas qu'ils disent qu'il est (et qu'il n'est pas), c'est le retard grandiose qui persiste, par rapport à la poésie, plus finement disséquée, dans l'élucidation de ses moyens. Ce n'est pas la naïveté ou la grossièreté de ses procédés et de ses prétentions, c'est la complexité sans égale de ses interférences et des interactions, des retards prémédités et des anticipations modulées qui concourent à son efficacité finale – complexité et enchevêtrement tels qu'ils semblent ajouter une dimension à l'espace littéraire, et que, dans l'état actuel de "la science des lettres", ils ne permettent que le pil…

C'est mercredi, pas d'article aujourd'hui

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L'art n'est pas à mes yeux une réjouissance solitaire.

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Ce matin, c'est le 150ème article de ce blog, il 4 ans et il a accueilli 10 500 visites depuis sa création. Pour l'occasion, on va fêter un autre anniversaire, celui de Camus.


C'est vers lui que mes lectures tendent, vers lui que mon écriture tend aussi puisque l'idée pressante d'achever ma future tétralogie par un tome-hommage à Camus se dessine de plus en plus précisément. Mais ça, je vous en parlerai quand ce sera plus abouti.
Pour le teasing, il s'agit donc d'une saga en 4 tomes, 4 femmes : Eve, Méduse, Marie et Ariane donc chacune traversera un bout d'histoire.
Cette série est en cours d'agrégation (oh le jeu de mots) dans ma caboche bien remplie en cette année de concours et je pense l'écrire l'an prochain (comprendre l'année scolaire prochaine vu que je suis prof et que, pour moi, les années commencent au 1er septembre)
Avant ça, je dois écrire la suite de ma série burlesque :

- Opus 1 : Féelure, à paraître en juin chez Bragelonn…